LE PARISIEN MAGAZINE. Blockchain, la révolution dont tout le monde parle

Sorte de livre comptable numérique géant, la blockchain pourrait bientôt permettre des transactions en ligne, sans intermédiaire et sans risque. Décryptage.

En 1993, Marc Andreessen, étudiant américain, mettait au point le premier navigateur Internet. Personne n’aurait deviné que cette invention allait permettre au Web, qui était alors un réseau compliqué réservé aux informaticiens, de devenir un outil utilisé désormais par 3,2 milliards de personnes. Aujourd’hui, Marc Andreessen, à la tête de son propre fonds d’investissement, parie sur une nouvelle technologie : la blockchain, « la révolution la plus importante depuis Internet », a-t-il confié au New York Times. Beaucoup, comme l’auteur canadien Don Tapscott, partagent son avis. La blockchain permettrait en effet de se passer de tous les intermédiaires dans les échanges commerciaux ou administratifs. Cette base de données sécurisée de transactions anonymes pourrait faire émerger une véritable « économie du partage », où les individus se vendraient des biens et des services entre eux, en payant des commissions bien plus faibles qu’aujourd’hui, voire nulles. Ils court-circuiteraient ainsi les établissements financiers (banques, compagnies de cartes de crédit, assurances), les plateformes collaboratives (Uber, Airbnb, Le Bon Coin…), voire les notaires et les administrations, tous condamnés à se réinventer pour ne pas disparaître. Explications.

Qu’est-ce qu’une blockchain ?

C’est une « base de données numérique infalsifiable sur laquelle sont inscrits tous les échanges (d’argent, de contrats, etc., NDLR) effectués entre ses utilisateurs », selon la définition de l’ouvrage collectif La Blockchain décryptée (éditions Netexplo, 2016). But du système : certifier toutes ces informations et les rendre incontestables. « C’est-à-dire assurer le rôle d’un tiers de confiance que joue par exemple un notaire qui gère un cadastre, ou un banquier qui gère un livre comptable », précise Emmanuel Methivier, directeur du CAStore, la plateforme d’applications du Crédit agricole. La première blockchain a été créée en 2008 pour la monnaie virtuelle bitcoin. Elle est d’accès public (comme sa concurrente Ethereum), mais certaines sont privées.

Comment ça marche ?

Imaginons un transfert d’argent entre deux personnes sur une blockchain (voir infographie page suivante). Chacune apparaît sous un pseudonyme (A et B, par exemple), pour garantir l’anonymat de la transaction. Toutes deux ont une clé (un code) publique et une autre privée pour envoyer et recevoir de l’argent. La transaction est enregistrée sous forme d’un code informatique, parmi un ensemble d’autres transactions qui forment un « bloc ». Ce bloc apparaît dans le base de données géante de la blockchain. « Tous les utilisateurs de la blockchain possèdent ce même registre et à chaque fois qu’une personne y écrit quelque chose, c’est répliqué dans tout le réseau », précise François Dorléans, directeur des opérations de la start-up française Stratumn, qui s’appuie sur la technologie blockchain pour créer des outils à destination des entreprises. Certains utilisateurs, appelés « mineurs », entrent alors en compétition pour être les premiers à vérifier les transactions du bloc (s’assurer par exemple que A dispose bien des fonds nécessaires à envoyer à B), contre rémunération. Une fois le bloc validé, il est lié au précédent, afin de former une chaîne de blocs (la blockchain), quasiment impossible à truquer par la suite.

 

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